Connue dès l'Antiquité (3000 ans avant J-C), la harpe est un instrument répandu sur la quasi-totalité de la surface terrestre, chaque peuple en ayant sa forme particulière.
La harpe celtique, à 32 cordes métalliques, est reconnaissable entre toutes. Relativement petite, les bardes l'appuyaient sur leur épaule, l'utilisant essentiellement pour accompagner leurs chants en pinçant les cordes avec leurs ongles; Les Ecossais l'appellent
clarsach, les Irlandais clairseach et les Bretons telenn.
L'Irlande en a fait son emblème, les harpistes irlandais ayant toujours eu une grande réputation. Au XIIe siècle, les Normands, qui parcouraient les mers et visitaient l'Europe, avaient déjà constaté leur supériorité et leur grande dextérité.

Mais la harpe et les harpistes connurent des temps très difficiles, supplantés par les cornemuses et pourchassés en 1600, par les Anglais en Ecosse, en Irlande et au pays de Galles. Arrivée en Bretagne sans doute au Ve siècle à l'époque du roi Arthur, elle y déclina aussi en faveur des cornemuses.
Elle connut un premier regain d'intérêt à la fin du XVIIe siècle, à une époque où la musique baroque et la musique traditionnelle avaient encore des fond communs. C'est l'époque de O'Carolan, le plus célèbre des harpistes irlandais, qui est probablement le seul compositeur à s'être glissé dans le répertoire dans le répertoire des musiciens traditionnels.
Puis, ayant passé un moment dans un oubli presque total, la harpe celtique en est ressorti à la fin du XIXe siècle, grâce au mouvement néo-druidique renouant avec des traditions anciennes, puis plus tard en Ecosse. En 1966, Alan Stivel, harpiste d'exception, ne se contente plus d'accompagner des chansons ou de jouer du répertoire standard, mais interprète aussi des airs de danse avec une grande dextérité et ouvre la voie prise par de nombreux musiciens.

Une des plus anciennes harpes qui aient survécu à la destruction systématique par les émissaires d'Elisabeth Ire, est visible à Dublin au Trinity College. Dite « Harpe de Brian Boru », elle a la particularité d'avoir sa caisse de résonnance creusée dans la masse et non en plusieurs pièce assemblées.

Avec l'aimable autorisation de l'auteur
Patrig Sicard-La musique celtique
Edition Ouest-France

Marin.lhopiteau@wanadoo.fr

Toutes les photographies sont tirées du catalogue édité par Marin Lhopiteau.
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